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Don, parenté et hiérarchie

  • Liste des travaux et publications

    Publications en Français :

    Ouvrage:

    • À paraître : "Sois généreux !" Don et hiérarchie chez les Gitans de deux petits bourgs andalous, Paris, Petra

    Chapitres dans des ouvrages collectifs:

    • À paraître : « À dépouille morcelée, esprit frappeur. Représentations du corps des défunts chez les Gitans d’Espagne », Actes du colloque: Le Sens du corps : analyse spectrale. Démarcations, compositions, segmentations, organisé par Margarita Xanthakou, 15-16-17 novembre 2012, Collège de France.

    • À paraître : "Gitan par ton nom", Actes du colloque: Roms, Tsiganes et gens du voyage. Citoyenneté, mobilité et territoire, organisé par Camille Dumoulié, Université Paris Ouest-La Défense.

    • 2013 : « La vraie richesse se situe dans le partage. Représentations de la richesse chez les Gitans de deux petits bourgs andalous (Espagne), actes du colloque international : Richesse et sociétés organisé par Catherine Baroin et Cécile Michel, 6-8 juin 2012, Université Paris Ouest-La Défense, pp. 207-215.

    • 2010 : «La moustache de la distinction», Cahiers d'anthropologie sociale, sous la direction de Dimitri Karadimas, Éditions de L'Herne, pp. 85-93

    • 2004 : «La lune pétrifiée. Représentations parthénogénétiques dans une communauté gitane (Grenade)», in Françoise Héritier & Margarita Xanthakou (eds), Corps et Affects, Odile Jacob, pp. 205-220.

    Articles:

    • 2013 : "Un vocabulaire de parenté gitan: une terminologie marquée par le don", L'Homme, n° 205, pp. 35-54

    • 2012 : « Le sang affecté. Sangs et affection dans une communauté gitane du Sud de l'Espagne », in Nicoletta Diasio et Virginie Vinel (eds), Corps, n°10 : Corps des Affects, CNRS Éditions, pp. 95-104.

    • 2010 : « Des patronymes devenus gitans », in Samuel Delepine (ed.), Études Tsiganes, n°39-40, pp. 96-111

    Publications en langues étrangères :

    • À paraître: « Give and Don’t Keep Anything!’: Wealth, Hierarchy and Identity among the Gypsies of Two Small Towns in Andalusia, Spain »," in Micol Brazzabeni, Manuela Ivone P.P. da Cunha & Martin Fotta (eds.), Gyspy Economy: Ethnographic Perspectives on the Economic Practices of Gypsies.

    • 2009 :«Corpo-real identities: Perspectives from a Gypsy Community», in European Kinship in the Age of Biotechnology, Jeanette Edwards & Carles Salazar (eds), Oxford & Manchester, Berghahn Books, pp. 97-111

    • 2009 :« Identità di sangue. La trasmissione dell'identità nelle rappresentazioni di una comunità gitana del Sud della Spagna », in Donatella Cozzi & Nicoletta Diasio (eds), Erreffe. La ricerca folkorica, « Linee di sangue. Metafore e pratiche tra dono, filiazione e appartenenza », n° 58, Brescia, Grafo Editrice, pp. 97-106.

    Traduction d'article :

             De l'Espagnol au Français :

             En collaboration avec Carmen Bernand :

    • 2004:texte de David Martínez López, «Bourgeoisie agraire et famille dans l'Andalousie du XIXe siècle», Études rurales169-170, pp. 77-89.

     

    THESE (soutenue le 15/12/2008 à L'Ecole des hautes études en sciences sociales)

    Résumé de thèse :

    « Sois généreux ! ». Du don comme principe structurant de l'organisation sociale des Gitans de deux petits bourgs andalous (Espagne)

    L'identité des Gitans de Morote et San Juan (Andalousie) se scinde en deux facettes. Elle est tout d'abord le fruit d'un long processus socio-historique soumis aux lois et persécutions. Elle repose également sur une représentation gitane du social fondée sur la notion de prodigalité : celui qui donne est supérieur à celui qui reçoit. De la sorte, les êtres vivants sont classés dans des catégories pensées comme naturelles en fonction de leur propension réelle ou potentielle à donner. Entre membres d'une même catégorie, l'égalité est censée régner. Le mariage, par les diverses mécaniques qu'il engendre, révèle et organise au mieux les positions de chaque individu et groupe dans la hiérarchie sociale locale. Parfois, les dons sont excessifs. Ils provoquent alors des perturbations parfois mortifères au sein de la communauté.

    Mots-clés :

    Gitans, Tsiganes, Roms, ethnonyme, minorités, Espagne, Andalousie, anthropologie sociale, ethnologie, identité, parenté, filiation, alliance, mariage, rapt, corps, procréation, fœtus, nourriture, aliments, don, prodigalité, hiérarchie, égalité, statuts, organisation sociale, résidence, onomastique, sang, sperme, menstrues, contamination, excès, inceste, mort, deuil.

  • Résumés

    Un vocabulaire de parenté gitan

    Une terminologie marquée par le don 

    La terminologie espagnole de type eskimo est le modèle de référence utilisé par la communauté gitane de Morote et de San Juan pour désigner les membres de la parenté. Elle renvoie généralement aux mêmes positions généalogiques (consanguines et affines) que les vocables castillans. Cependant, les usages des termes castillans par ces Gitans peuvent parfois sembler incongrus aux non-Gitans (Payos). En outre, les comportements associés à ces mêmes termes diffèrent parfois de manière significative de ceux que les Payos adoptent. Par ailleurs, un même vocable (chachi et son corollaire féminin chacha) n’apparaît que dans les désignations de la consanguinité et de l’affinité des femmes gitanes. Il met en relief une certaine prépondérance des liens utérins, contrairement à l’idéologie gitane fortement androcentrée. En fait, il ne fait qu’affirmer la prégnance du don masculin (en particulier nourricier) et son pouvoir structurant de l’organisation sociale gitane et de ses représentations.

     

     Le sang affecté

     Sangs et affection dans une communauté gitane du Sud de l’Espagne

    Chez les Gitans de Morote et de San Juan (Andalousie), l’affection (cariño) ne concerne que des individus reliés par des liens de sang. La transmission du sang (lors de la procréation et du mariage) est perçue comme un don nourricier qui ne peut s’exécuter qu’entre individus de sangs proches mais pas trop, c’est-à-dire dont la relation de cariño concerne au plus près les ascendants directs du couple. Le cariño révèle in fine l’identité de chacun, la place qu’il occupe au sein de l’organisation sociale gitane et surtout, les frontières de l’inceste. Ainsi, les individus reliés par des liens de cariño ne peuvent s’épouser. L’affection et l’alliance apparaissent donc comme étant des notions antinomiques. Le mariage par rapt, seule pratique matrimoniale usitée par les Gitans de ces bourgs, représente donc la forme de mariage idéale.

    Mots clé : Gitans, Espagne, identité, sang, affects, relations nourricières, mariages, inceste.

    2012 : « Le sang affecté. Sangs et affection dans une communauté gitane du Sud de l'Espagne », in Nicoletta Diasio et Virginie Vinel (eds), Corps, n°10 : Corps des Affects.

     

    La moustache de la distinction

    Les Gitans de Morote et de San Juan, deux petits bourgs du Sud de l’Espagne, découpent le monde en catégories hiérarchisées entre elles en fonction de la dialectique donateur/donataire. De la sorte, plus les êtres qui les composent sont par « nature » des donateurs (qualité innée), plus leur statut est situé à un niveau supérieur. Cette qualité s’exprime, dans les discours, par la notion de pureté de sang : plus le sang d’un individu est pur, plus il est « naturellement » enclin à donner mais également, plus il est plein de vie. En effet, le don révèle la vitalité d’un individu face à un autre qui subit l’action. Cette vitalité démontre sa maîtrise du jeu des interactions. La catégorie suprême des donateurs regroupe les hommes d’âge mûr. Au sein de chaque catégorie, c’est-à-dire entre pairs, le statut de chacun est plus instable : chacun doit démontrer sa propension à la prodigalité afin de bénéficier de l’estime de leurs pairs. Les différences de statuts entre individus et catégorie sont révélées à tous au travers de l’abondance de la pilosité arborée, comme si la profusion de poils était incompatible avec l’acte du don, c’est-à-dire avec une vitalité et une pureté de sang affirmées.

     

    Mots clés : Espagne, Gitans, Payos, organisation sociale, hiérarchie, statut, donateur/donataire, sang, pureté, vitalité, hommes, femmes, pilosité, moustache

    2010 : « La moustache de la distinction », in Dimitri Karadimas (ed.), Cahiers d’anthropologie sociale, n°6, Éditions de L’Herne, pp. 85-93

     Vous pouvez lire le texte dans son intégralité ici

     

    Des patronymes devenus gitans

    La question de la catégorisation des populations a toujours été en Espagne, surtout en période de quête d’hégémonie (lors du processus de construction de la nation espagnole), un thème important. A Morote, depuis le XVIIe siècle, différentes stratégies furent utilisées pour classer ces résidants « particuliers » de la circonscription et ces familles de passage que l’on ne voulait pourtant pas distinguer trop abruptement du reste des habitants : succédant aux ethnonymes qui furent rapidement prohibés par différentes lois, les professions, lieux de résidence et patronymes, devinrent des critères qui, mettant en lumière quelques particularités gitanes, furent et sont employés pour distinguer les Gitans du reste de la population locale. Les patronymes, sont en effet actuellement une des principales données classificatoires des Gitans espagnols. Pourtant, ils sont issus du stock castillan (ou d’une autre langue régionale). En fait, à Morote s’est déroulé ce processus d’« ethnicisation » du stock nominal gitan, c’est-à-dire, de diminution sensible du nombre de noms portés par les familles gitanes au cours de l’histoire, processus qui révèle les mécanismes internes et externes au groupe qui ont permis l’apparition à Morote d’une « onomastique gitane ».

    2010 : « Des patronymes devenus gitans », in Samuel Delepine (ed.), Études Tsiganes, n°39-40, pp. 96-111

     Vous pouvez lire le texte dans son intégralité ici

     

    Corpo-real identities: Perspectives from a Gyspy community

    For a very long time, philosophers have been debating whether there is not one but two routes to reach truth: the empirical and the abstract. According to Bachelard (1993: 239 [1938]), 'we have to accept a real break between sensible knowledge and scientific knowledge' (my translation). For Bachelard, two categories of knowledge shape our understanding of the world. He called the first 'empirical knowledge' (connaissance empirique) and the second 'scientific knowledge' (connaissance scientifique). The understanding of truth, then, can take two different directions: on the one hand, 'rational interpretation [which] comes from the immediate observation of raw facts' (Héritier 1996: 150, my translation), 'facts of life' (Franklin 1997; Carsten 2001) or 'facts of nature' (Strathern 1992a) and, on the other hand, truth that emerges from abstraction. While 'empirical facts', according to Bachelard, are based on everyday life experiences, 'scientific facts' are built on scientific reality; that is, on a logical construction of the relationship between different observable facts by means of controlled experiments. The latter facts are immersed in a scientific language; a sort of metalanguage which, borrowing from Lévi-Strauss on myth, 'makes full use of discourse, but does so by situating its own significant oppositions at a higher level of complexity than that required by language operating for profane ends' (1977: 66). Even if we do not conclude that scientific facts are similar to mythological narrative, as the former are based on experimental criteria which can be questioned and the latter need only faith to be considered true, these two discourses act at the same level. These metalanguages, by means of their systems of classification, place the symbolic order of humans and things at a level that can be separated from empirical facts and local representations of the world. That is why only specialists are supposed to know the rules or the 'significant oppositions' on which such knowledge is founded, in contrast with the 'facts of life', which can be verified by ordinary people.

    This time-honoured philosophical discussion has interesting repercussions for the anthropology of kinship. Bodily identity is represented in Western societies through a merger of these two perceptions of truth, which are thus rendered indistinguishable: facts of life and scientific or mythological facts are merged in Western understandings of how an individual transmits identity to another and how the degree of proximity between two people is estimated.

     

    2009 :«Corpo-real identities: Perspectives from a Gypsy Community», in European Kinship in the Age of Biotechnology,Jeanette Edwards & Carles Salazar (eds), Oxford & Manchester, Berghahn Books, pp. 97-111.

    Vous pouvez lire le texte dans son intégralité ici

     

     

     

     

    La lune pétrifiée
    Représentations parthénogénétiques dans une communauté gitane
    (Grenade)

    Morote, et à 50 kilomètres, San Juan. Deux bourgs retenus par quelques pinèdes sur les versants des monts orientaux de l'Andalousie rurale. La population, disséminée sur un large territoire, a cruellement souffert des grandes migrations des années 1960-1970 qui ont amplement contribué à l'abandon de plusieurs quartiers et hameaux. Aujourd'hui, les capitales avoisinantes absorbent régulièrement les jeunes adultes partis pour leurs études et qui reviennent rarement dans cette zone à fort taux de chômage. Les Gitans représentent environ 5% de la population de la circonscription de Morote (environ 9 000 habitants) et 9% de celle de San Juan (où sur près de 1 200 résidants du chef-lieu, 25% sont gitans). Ils sont ouvriers agricoles et circulent une bonne partie de l'année d'une exploitation agricole à une autre, au gré des cycles de récolte. Installés dans des quartiers périphériques, ils jouissent de territoires dont certains sont rarement fréquentés par les Castellanos ou Payos, c'est-à-dire les non-Gitans.

        Un jour, lors d'une conversation avec une Gitane, celle-ci me prévient brusquement : « Tu sais, quand tu as tes règles, il ne faut pas pétrir de pain : les coups répétés de ton ventre contre les rebords de la table risquent de coaguler ton sang. Alors, tu peux devenir enceinte. » Intriguée, je poursuis : « Mais on ne peut pétrir aucune pâte ? - Si, les tortas, tu peux, mais pas le pain, ni les beignets. »

     

    2004 : «La lune pétrifiée. Représentations parthénogénétiques dans une communauté gitane (Grenade)», in Françoise Héritier & Margarita Xanthakou (eds), Corps et Affects, Odile Jacob, pp. 205-220.

     Vous pouvez lire le texte dans son intégralité ici

     

  • Liens

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